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Collaborations musicales : la puissance du featuring

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Collaborations musicales : la puissance du featuring

Qu’est-ce qui pousse les artistes à se réunir, et pourquoi cela se traduit-il souvent par un succès ?

La musique n’est généralement pas le fruit d’un travail individuel, mais le résultat d’un effort de collaboration impliquant de nombreuses personnes, parfois d’origines diverses. Le monde des musiciens représente un écosystème social complexe qui possède, comme autant de facettes, une myriade de genres, d’outils, de tendances et de publics. Et c’est là que réside l’importance de la tendance croissante des collaborations musicales. Que ce soit pour l’élargissement d’un public existant ou la prolongation d’un succès, la collaboration est le meilleur ami de l’artiste dans l’économie musicale actuelle. Avec les termes « feat » et « with » ou encore l’apposition du signe « & » entre deux noms de groupes qui ne sont généralement pas associés, la plupart des playlists des services de streaming sont aujourd’hui constellées de collaborations ponctuelles. La motivation est évidente : l’étincelle créative que deux (ou plusieurs) artistes qui collaborent peuvent générer.

L’éloignement des genres musicaux de leurs espaces et publics traditionnels a déjà, et continuera de se développer et de changer les modes d’expression. Les récents – et rapides – développements techniques facilitent la recherche de nouveaux espaces, le matériel et les logiciels numériques devenant de plus en plus accessibles et de moins en moins coûteux, permettant ainsi aux artistes de communiquer leur musique de nouvelles manières et d’atteindre de nouveaux publics. Dans le même temps, les nouvelles technologies mettent de nombreux outils créatifs entre les mains de personnes qui n’y avaient pas accès auparavant. Ainsi, TikTok permet aux auditeurs de s’approprier la musique de manière unique en faisant tomber les barrières entre les genres (et entre les créateurs) et apporte pour beaucoup de nouveaux artistes l’espoir de devenir la nouvelle sensation virale du moment. Chaque année, de nouvelles plates-formes et de nouveaux médias gagnent en popularité, ils font évoluer la façon dont le public rencontre les artistes, rendent la musique plus facile à partager mais en exigeant une présence continue sur les réseaux sociaux. Les artistes ressentent le besoin de sans cesse toucher de nouveaux publics pour rester pertinents. Et ils sont de plus en plus nombreux à emprunter pour cette raison la voie de la collaboration. Il existe deux types de collaborations : celles qui se produisent le plus souvent à travers un style homogène, dans le cadre d’une approche complémentaire ou co-équivalente et celles qui font sortir l’artiste de sa zone de confort, qui ont le pouvoir de vous transformer par l’expérimentation de la diversité culturelle. Que les collaborations entre genres soient imaginées dans les bureaux d’un label ou qu’elles soient motivées par un besoin intérieur d’innover, elles peuvent entraîner d’énormes effets positifs sur la carrière des musiciens et sur leurs scènes musicales respectives.

L’union fait la force, et les groupes de musique collaborent aujourd’hui plus que jamais. Au moment où nous écrivons ces lignes (6 février 2021), 50 % des 10 premiers au classement Billboard sont des collaborations musicales ; et l’album numéro un sur Spotify pour 2020, avec 3,3 milliards de diffusions, est YHLQMDLG du rappeur portoricain Bad Bunny, qui comporte des collaborations avec Sech, Anuel AA et Daddy Yankee.

Les collaborations musicales ne cessent de se développer en Europe également, où l’on constate une augmentation significative des featurings entre acteurs, auteurs et producteurs de différents pays à la recherche de nouvelles influences et de nouvelles inspirations. Les exemples sont nombreux. Le leader de Sigur Rós, Jónsi Birgisson, a sorti en 2020 son premier album solo depuis plus de 10 ans, Shiver, en collaboration avec Robyn, Liz Fraser et A.G. Cook de PC Music. L’une des plus belles réussites du nouvel album du groupe d’art rock britannique Django Django est Waking Up, avec Charlotte Gainsbourg ; « Nous l’admirons depuis très longtemps, elle appartient à la royauté de la musique française » ont-ils expliqué. Philippe Cohen Solal, du groupe de tango Gotan Project, basé à Paris, s’est associé à Mike Lindsay, du groupe de folk expérimental anglais Tunng, également composé d’Adam Glover et d’Hannah Peel, pour un nouveau projet fascinant intitulé Outsider, dédié à l’artiste Henry Darger.  

Il y a un pouvoir alchimique dans les collaborations. Et s’il y a une chose que nous attendons de la musique, c’est un sens du possible et des horizons infinis. Avec Noémie Lecoq et Amorim Abiassi Ferreira, parcourons la France, l’Espagne, le Portugal et la Grèce pour observer certaines des plus récentes collaborations musicales et les impacts de ces vagues dans la réalité musicale de ces pays.

Les collaborations dans l’espace francophone

Par Noémie Lecoq

Lorsque la musique pop a émergé dans les années 60, les artistes français avaient déjà noué des liens forts avec les musiques étrangères, bien qu’il fut alors plus question d’admiration et d’appropriation que de collaboration. La traduction de chansons britanniques en français est rapidement devenue une tendance à succès de l’époque yéyé. La collaboration avec des artistes d’autres pays européens n’a jamais été une tradition ancienne dans la musique française, même s’il est difficile d’en déterminer les raisons. Serait-ce dû au vieux cliché selon lequel les Français sont très mauvais en langues étrangères ? Ces rencontres artistiques sont souvent le résultat de rencontres humaines, d’amitiés ou de relations amoureuses, trans-Manche, plutôt que le fait de stratégies marketing visant à conquérir l’Europe ; on pense par exemple à Serge Gainsbourg et Jane Birkin, Françoise Hardy et Blur, Etienne Daho et Marianne Faithfull, Benjamin Biolay et Carl Barât…

Un exemple plus récent est le duo formé par Clara Luciani avec Alex Kapranos (de Franz Ferdinand) sur une reprise sensuelle de Summer Wine de Lee Hazlewood. Tout comme dans les adaptations françaises des années 60, Clara a traduit ses parties en français. Cette collaboration l’a sans doute rendue plus visible au niveau international.

Avec le développement des logiciels de musique et du travail en équipe à distance, ce genre d’initiatives paneuropéennes est plus fréquent que jamais pour les artistes français, dont les partenaires créatifs sont souvent britanniques. Jehnny Beth, la fougueuse frontwoman des Savages, a sorti son premier album solo en 2020, To Love Is to Live. Cette chanteuse française, qui a vécu plusieurs années à Londres avant de revenir à Paris, a invité certains de ses amis britanniques à collaborer avec elle : Joe Talbot des Idles, Romy Croft de The XX, les producteurs Flood et Atticus Ross, l’acteur irlandais Cillian Murphy et l’artiste danois Trentemøller. En tant que leader de Savages, elle possédait déjà une visibilité internationale. L’intention derrière toutes ces invitations semble plus relever d’une envie de rassembler des personnes qu’elle respecte, où qu’elles vivent.

Une autre collaboration paneuropéenne percutante est celle de Banane Bleue (sortie le 26 février), le prochain album de Frànçois & The Atlas Mountains, produit par le musicien finlandais Jaakko Eino Kalevi et enregistré entre Berlin, Athènes et Paris. Tous deux sont signés sur Domino Records. Le fait de partager le même label a probablement facilité cette connexion. L’auteur-compositeur-interprète français François Marry nous a expliqué ce qu’il avait alors à l’esprit : « Jaakko et moi avons décidé d’essayer de travailler ensemble, alors je suis allé à Berlin, où il vit. J’y suis resté cinq jours et nous avons enregistré quatre titres, dont deux ont été retenus pour l’album. J’ai toujours aimé travailler avec des producteurs non-francophones. J’ai une certaine méfiance envers les producteurs francophones, que je soupçonne d’utiliser la musique pour avant tout illustrer les paroles. Je préfère me concentrer sur les sonorités des mots plutôt que sur leur signification. Jaakko est un esthète, j’aime la façon dont il simplifie sa propre musique avec un grand sens de l’élégance et de l’intemporalité. Travailler avec de nouvelles personnes est un moyen pour moi d’éviter l’auto-caricature et d’explorer de nouvelles galaxies musicales.»

Parmi les nombreux exemples de musique née dans l’espace francophone, les frères belges de Yellowstraps ont représenté une source créativité et de communication bien nécessaire l’année dernière lorsqu’ils ont lancé le projet Yellockdown. De mars à juin 2020, alors que leur pays était en confinement, ils se sont lancé un défi à eux-mêmes, ainsi qu’à d’autres artistes : un titre par semaine, écrit en 24 heures, chaque titre mettant en scène un artiste différent du monde entier.

Dans un environnement culturel diversifié, la musique s’enrichit de nouveaux chemins créatifs, reliant les artistes et les scènes musicales translocales.

Un triangle de collaboration entre le Portugal, la France et l’Espagne

Par Amorim Abiassi Ferreira

Le triangle que forment la France, l’Espagne et le Portugal bouillonne de créativité et de partenariats. Nous avons été témoins de collaborations nouées entre géants de la pop comme Rosalía (Espagne) et Billie Eilish (États-Unis), ainsi que de projets qui veulent insuffler une nouvelle vie au folklore et aux traditions, comme les collaborations de Lina (Portugal) ou Cocanha (France) avec le producteur Refree (Espagne). L’histoire de chacune de ces collaborations nourrit notre imagination quant à ce qui est possible, que les gens puissent se réunir au même endroit ou qu’ils doivent se mettre au travail à des milliers de kilomètres les uns des autres.

Le groupe électro français Synapson voulait la présence de voix du monde entier dans sa musique, et souhaitait s’éloigner des tropes américains et britanniques qui semblent se reproduire à l’infini dans la musique électronique. Le duo, qui s’est fait connaître avec Djon Maya Maï, a voulu se replonger dans cette fusion des cultures qui a fait sa notoriété. Ce projet s’est concrétisé avec l’album Global Musiques vol.1, consacré à la traversée des frontières pour lequel ils ont fait appel à Pongo, qui chante en portugais et en créole au rythme de la kalimba sur pour le single Lengueno.

Ce qui est également clair, c’est la force que la langue espagnole a acquise dans le monde de la musique commerciale, que l’anglais domine généralement. La récente collaboration de Rosalía et Billie Eilish sur Lo Vas A Olvidar, où la jeune popstar a surpris en chantant en espagnol, en est devenue l’exemple le plus récent. Dans une interview accordée à Zane Lowe, elle s’est ainsi expliquée : « Quand nous écrivions cette chanson, je me souviens qu’elle [Rosalía] a dit « ça devrait être en anglais » et j’ai alors répondu non non non, il faut que ce soit en espagnol, c’est tellement beau. »

L’homme derrière le premier album de Rosalía, Los Ángeles, a été invité à visiter les maisons de fado du Portugal pour approfondir sa compréhension de l’un des styles de musique les plus traditionnels du pays. C’est là qu’il a rencontré Lina, et c’est une fois en studio que la décision a été prise, comme nous l’a raconté Refree : « Dès le premier instant où j’ai joué avec elle, j’ai su que j’étais capable de dire quelque chose, de créer quelque chose à partir de ces chansons. Elles sont tellement connues que je pouvais en créer quelque chose de nouveau ». Entre Lisbonne et Barcelone est ainsi née une nouvelle interprétation du fado, où les synthés et les pianos prennent la place de la traditionnelle guitare portugaise, et qui transporte le genre sur un territoire inexploré, un succès qui lui a valu une reconnaissance internationale.

Un groupe de Toulouse, nommé Cocanha, a également pris contact avec Refree après avoir été étonné par son travail sur les débuts de Rosalía. « Raül connaît très bien le répertoire traditionnel ibérique, grâce à son travail avec Sílvia Pérez Cruz, Lina, tous ces artistes aux racines traditionnelles », explique Caroline Dufau, chanteuse du groupe, « nous l’avons contacté au débotté, car nous sommes très petits en tant qu’artistes et qu’il est très reconnu. L’idée lui a plu et il a dit oui. »

Le trio chante des chansons traditionnelles occitanes, une langue très proche de l’héritage catalan dont Refree s’entoure. « Je savais que c’était un disque à petit budget, mais je voulais vraiment le faire », précise-t-il. Refree a ainsi fini par produire l’album Puput, dans lequel Cochana parvient à présenter la tradition du chant occitan d’une manière renouvelée « Parfois, de nos jours, on enregistre tout séparément jusqu’à oublier à quel point il est agréable de voir un groupe jouer « en même temps ». Et je voulais qu’ils conservent cette énergie qui était la leur quand ils jouaient ensemble en live. ”

Les collaborations musicales impliquent un dialogue, un échange, une interaction à travers l’espace, le temps et la culture. Les points de vue de la France, du Portugal et de l’Espagne, tels qu’ils sont exprimés ci-dessus, lancent une conversation sur l’ouverture la plus large possible en matière de styles musicaux, afin que les changements et les collaborations soient le plus visibles possible. 

Musique alternative grecque : à la recherche de nouveaux territoires artistiques

Par Maro Angelopoulou

Une nouvelle génération d’artistes grecs illustre le phénomène croissant du « genre-hopping » et du multiculturalisme à travers des collaborations mises en place dans l’une des scènes musicales les plus dynamiques du pays : la scène alternative, qu’elle soit folk, pop ou autre. Ces temps-ci, la scène hip-hop (qui a toujours été le genre le plus collaboratif) et la scène alternative/indie font preuve d’un immense dynamisme – et sont toutes deux malheureusement négligées par la majorité des stations de radio locales. Toucher de nouveaux publics en passant par les nouveaux médias est de plus en plus important pour les artistes locaux qui recherchent leur inspiration au-delà des frontières nationales, prouvant ainsi que des gens venus de toutes les régions géographiques, séparés par toutes les barrières perçues comme telles peuvent se rencontrer et nouer des partenariats. C’est le cas de Smalfeels et d’Irene Skylakaki.

Smalfeels (alias Nikos Yiannakakis) est un artiste pop indépendant originaire d’Athènes, qui a mis en place une collaboration avec la violoncelliste/bassiste et chanteuse polonaise WERA dans la chanson Easy présente sur son mini-LP, Some Stars, sorti en 2020. C’est avec chaleur qu’il évoque cette collaboration, décrivant son travail avec Wera comme une parfaite adéquation : « Wera est une artiste et une interprète que j’admire vraiment, et je suis incroyablement chanceux que nous ayons pu collaborer de nombreuses façons au cours des dernières années. »

Il y a quelques années, une collaboration grecque entre un créateur nu rétro-pop et une artiste collant des boucles de violoncelle et de voix aurait été un sujet d’émerveillement. D’autant plus que de nombreux artistes sont réticents aux possibilités de collaboration, craignant peut-être de trop s’éloigner de leurs propres racines. Mais Smalfeels n’entre pas dans cette catégorie. « Je suis un grand fan des collaborations, dans la musique et dans les projets créatifs en général. Ce n’est la plupart du temps pas facile car chaque artiste a sa propre façon d’aborder le processus de création et, avant de commencer à écrire, il faut essentiellement créer ensemble un nouveau langage commun. Donc d’après mon expérience, la plupart du travail consiste à s’occuper de la relation que l’on doit nouer, plutôt que de la musique elle-même ».

Smalfeels est même optimiste quant à l’avenir des collaborations musicales en Grèce. « Pendant la pandémie, les collaborations de toute sorte sont devenues difficiles en raison des restrictions. J’ai cependant le sentiment qu’une fois tout cela terminé, il y aura une soif de lien entre les gens et que les artistes seront désireux de tendre la main à la créativité et à la co-création. »

 

Irene Skylakaki fait forte impression dans le monde entier avec son récent album, Souvenir, dont le titre éponyme est interprété par le chanteur/compositeur suédois Jay-Jay Johanson ; le clip de ce morceau a été réalisé par David East (connu pour le clip de Neptune, du groupe Foals). Irene est une artiste tournée vers l’intime, aux paroles pleines de sens. Les collaborations sont-elles possibles lorsque l’écriture est si personnelle ? Selon Irene, « Les collaborations se produisent lorsque vous vous faites alliance avec le chaos, lorsque vous acceptez d’être agréablement surpris par ce que vous créez. De grandes choses peuvent être accomplies en groupe, et mon travail de création passe toujours par un travail d’équipe. Bien que j’écrive seule, l’implication de nombreuses personnes est nécessaire et décisive pour parvenir à achever la création d’une chanson ».  Sa collaboration avec Johanson résonne d’une esthétique folk/pop mesurée et lente qui leur est commune. Ces deux artistes se sont rencontrés lorsque l’une jouait en première partie de l’autre, à Athènes, une performance qui impressionna Jay-Jay Johanson. Quelques mois plus tard, à Londres, Irene l’accompagnait sur scène avec sa guitare. Nous avons commencé à parler de nos projets, et il m’a envoyé une de ses chansons. Je lui ai alors envoyé Souvenir. Il m’a dit qu’il aimait beaucoup et m’a proposé d’en faire un remix. Il me l’a renvoyée avec sa propre voix, en duo ! Cette collaboration a été un vrai cadeau , explique-t-elle.

Irene partage son temps entre Athènes et Londres, un entre-deux géographique qui l’a affectée en tant qu’artiste. « Les gens que j’ai rencontrés et mes collaborations là-bas m’ont façonnée, sur le plan artistique, tout comme mes collaborations en Grèce », admet-elle. Dans son quatrième album, elle fait également équipe avec le bassiste britannique Iain Gordon-Smith et le musicien/producteur Andres Mesa, basé à Londres. « J’ai rencontré Andres à Londres, où il travaillait au studio de Phil Manzanera (Roxy Music) en tant qu’ingénieur du son. Nous avons rapidement commencé à enregistrer quelques démos. Avec Iain, nous avons réussi à travailler à distance. Les collaborations sont des connexions humaines. Et ce sont des leçons de vie ! » s’enthousiame-t-elle.

Créer des passerelles : L’ancien, le nouveau et le « hype ».

Pour la plupart des artistes, la collaboration est surtout un moyen de rompre avec les habitudes ­et d’ouvrir de nouveaux horizons. Expérimenter les traditions de son pays, y apporter les nouvelles technologies, créer quelque chose de nouveau, rechercher des collaborations transfrontalières, faire voler en éclat les frontières et les traditions… les moyens sont sans limites. Pour des résultats qui peuvent être imprévisibles, et parfois très différents du travail « habituel » de chaque musicien.

Mais une question se pose : est-on face à un paradigme révolutionnaire ou un attribut nécessaire de l’évolution de la musique ? La réponse est simple : il peut s’agir des deux. Surtout à travers des exemples comme celui de Rosalia (qui nous rend particulièrement heureux ici à Europavox, où nous avons été parmi les premiers à mettre en avant son talent en août 2018 !) et sa nouvelle approche de la musique flamengo, dans le cas de Lina_Raül Refree avec leur réinterprétation du fado, ou encore avec l’exemple grec du groupe de musique traditionnelle de Thrace Evrytiki Zygia qui a connu ses début internationaux en 2020 avec Ormenion, un album de fusion folk électro-mountain, il semble qu’en (re)visitant la tradition musicale, on s’offre la possibilité de créer une toute nouvelle scène, qui pourrait même devenir, bien qu’involontairement, un nouveau « hype ». Le besoin des artistes d’échapper aux interprétations contemporaines figées peut les inciter à la recréation et à la transformation.

Les collaborations avec des musiciens soigneusement sélectionnés et désireux d’explorer de nouveaux territoires pourraient très bien déboucher sur l’exploration de nouvelles possibilités sonores et techniques, en particulier dans l’ère post-Brexit et des nouvelles dynamiques qui en découleront.

Et si, au lieu d’attendre que les autres créent un marché pour chercher ensuite les moyens d’y faire sa place, nous inventions le nôtre ? Et si nous pouvions tous construire quelque chose de nouveau ? Il y a là une opportunité de mettre en valeur notre diversité culturelle à travers la musique, de contribuer au développement de nouvelles pratiques artistiques et à la création en stimulant les collaborations transfrontalières/transversales.

Et c’est clairement prometteur.

Par Amorim Abiassi Ferreira, Maro Angelopoulou, Noémie Lecoq