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L'Europe est leur terrain de jeu: l'histoire de Banane Bleue

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L'Europe est leur terrain de jeu: l'histoire de Banane Bleue

Suite à notre récit sur les nombreuses collaborations mises en place entre artistes européens, nous nous penchons de plus près sur l’un des plus beaux exemples en la matière de 2021 : Banane Bleue, le prochain album de Frànçois & The Atlas Mountains, produit par Jaakko Eino Kalevi.

L’auteur-compositeur français et le musicien/producteur finlandais appartiennent tous deux à la famille Domino, un label britannique. Ce disque fascinant a été réalisé en divers endroits d’Europe et fait appel à plusieurs langues de ce continent. Nous avons interrogé les deux cerveaux de ce projet via Zoom (François était chez lui dans les Landes, et Jaakko dans son studio à Athènes) pour une discussion marquée par l’enthousiasme.

 
 
 
 
 
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En quoi vous sentez-vous comme un artiste européen ?

François Marry – Un tel titre, « artiste européen » me semble très logique quand je pense à la musique que j’écoute : je peux écouter un groupe d’Allemagne, de Grande-Bretagne ou de France et mettre toutes ces influences dans le même sac. De plus, j’ai formé ce groupe lorsque je vivais au Royaume-Uni au début des années 2000, donc le fait de vivre dans différents pays me permet de qualifier ma musique de « pop européenne ».

Jaakko Eino Kalevi – Je suppose que c’est quelque chose de très naturel auquel on ne pense pas vraiment. La tournée en Europe, c’est tout simplement ce qu’il y a de mieux ! Evidemment pas en ce moment, mais en général…

FM – Les artistes avec lesquels j’ai joué et qui viennent d’Amérique ou d’Afrique rêvent tous de venir en Europe, parce que les conditions de travail y sont confortables, avec des subventions, une bonne couverture médiatique et un public présent au rendez-vous des spectacles.

Comment votre collaboration a-t-elle débuté ?

FM – Domino tenait vraiment à ce que j’essaie de faire de la musique avec d’autres personnes que les membres de mon groupe. J’avais quelques vieilles chansons, que j’avais écrites mais qui n’étaient jamais sorties, et je pensais qu’elles pourraient trouver leur voie dans le style de Jaakko. J’ai vu des liens entre certaines de nos chansons, par exemple Double Talk de Jaakko et l’un de mes nouveaux morceaux, Revu, en termes de rythme et de nappes de synthés, ou encore entre Don’t Ask Me Why de Jaakko et ma chanson Gold & Lips. Jaakko vivait alors à Berlin, j’ai loué un petit studio pour quatre jours et nous avons essayé quelques ébauches. Jaakko me demandait souvent de jouer la chanson et d’enregistrer ma voix et ma guitare, puis il ajoutait sa propre interprétation de la musique. Je n’avais jamais travaillé comme cela auparavant, en me fiant entièrement aux compétences de quelqu’un d’autre pour façonner la musique. J’ai vraiment apprécié cela !

JEK – C’était très facile, ça n’a jamais été un combat !

Pourquoi était-il important de se voir en chair et en os et non de travailler à distance ?

FM – Je n’aime pas passer trop de temps derrière un écran. Travailler seul aide à essayer de nombreuses voies différentes et peut mener à une exploration intérieure, mais on a aussi du mal à savoir si les idées qu’on a alors sont bonnes. Avec quelqu’un à proximité, on peut prendre le recul nécessaire pour savoir si on va dans la bonne direction. Et quand tout le monde est au même endroit, on mange et boit les mêmes choses, ce qui nous aide à être dans le même état d’esprit.

JEK – La communication est plus rapide, on donne son avis au fur et à mesure que les pensées arrivent.

Banane Bleue a été enregistré à Paris, Berlin, Athènes…. Pourquoi ce choix ?

FM – C’était une question pratique, une envie d’aller dans des lieux denses et abordables, mais aussi parce que j’aime vivre lentement, et j’avais le sentiment que traîner à Berlin et à Athènes pouvait être bon pour ce disque. Nous avons aussi enregistré en dehors de Paris, dans une maison de retraite à Nogent-sur-Marne qui a un immense parc, rien à voir donc avec Paris intra-muros.

JEK – Concernant Berlin, c’est là que je vivais avant de m’installer à Athènes.

 
 
 
 
 
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The Foreigner, la première chanson de ce nouvel album, est chantée en italien, espagnol, grec, français et finnois. Comment avez-vous eu cette idée ?

FM – L’idée est venue d’un voyage en Europe. J’ai écrit ce morceau quand j’avais 18 ans lors d’un voyage en Grèce et en Italie, d’un site archéologique à l’autre. Je voyageais alors avec beaucoup d’autres jeunes venus d’Allemagne, d’Espagne et d’Italie, il y avait un mélange de langues permanent, comme dans un hall de gare. Et lors de l’enregistrement avec Jaakko, j’ai fait l’effort d’ajouter une ligne en finnois !

Est-ce que vous ressentez les choses différemment en fonction de la langue dans laquelle vous chantez ?

FM –Oui, je pense que ça peut permettre de se réinventer soi-même un peu. Manipuler les sons au moment où on les prononce est amusant, on peut y ajouter plus de panache.

Quels artistes européens ont compté pour vous ?

FM –. Adolescent, j’étais fan du groupe allemand The Notwist, de beaucoup de groupes anglais mais aussi de certains compositeurs allemands comme Wagner. Aujourd’hui j’écoute des artistes allemands comme Nils Frahm, Easter et Jan Jelinek.

JEK – Je citerais Kraftwerk et les Beatles, des légendes !

Ecoutez Banane Bleue (Domino) ici.

 


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